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IREST Paris 1
Penser l’Arabie nous amène à penser puits de pétrole, richissimes princes, bédouins du désert, monarchie archaïque, voir palais des Mille et Une Nuits. Or, depuis maintenant quelques années les agences de voyages vendent de plus en plus l’Arabie comme une destination touristique d’excellence. Plages magnifiques, hôtels ultramodernes, souks colorés et aventures dans le désert sont autant d’atouts qui font de pays comme le Oman, les Emirats Arabes Unis ou le Qatar des destinations très recherchés par la clientèle occidentale et asiatique.
Parmi ces destinations, Dubaï est aujourd’hui une destination en plein boom touristique grâce aux nombreux projets réalisés ces dernières années : de nombreux hôtels de luxe en ville et sur la plage, un terminal pour les bateaux de croisières, des parcours de golf. Ces infrastructures peuvent accueillir une clientèle très diversifiée qui va des familles, couples, sportifs et hommes d’affaires. Dubaï a développé avec succès plusieurs sortes de tourisme : balnéaire, golf, shopping, affaires, et les croisières. Les Emirats possèdent également une excellente compagnie aérienne, Emirates, ainsi que des offices de tourisme très dynamiques dans le monde charger de faire la promotion de Dubaï dans le monde. Adil B. GATH IREST

I- Situation géographique, économique et politique de Dubaï
a- Situation géographique
Les Émirats Arabes Unis (EAU) sont une fédération de sept émirats fondée en 1971 : Abû Dabit, Sharjah, Ajman, Umm al-Qaiwain, Ras al-Khaimah et Fujairah.
Les Émirats sont entourés au nord par le Golf Arabe, à l’est par le Golf d’Oman et le sultanat d’Oman, au sud par le sultanat d’Oman et l’Arabie Saoudite et à l’ouest par le Qatar et l’Arabie Saoudite. Les Émirats ont environ 700 km de côte. Le long du Golf d’Oman se trouvent des îles de coraux. L’intérieur du pays est caractérisé par le désert avec quelques oasis. A l’est se trouve la chaîne de montagne du Hajar.
Les EAU ont une population de 2.75 millions d’habitants, dont 75% d’immigrés. Il y a en effet seulement 600 000 personnes de nationalité émirienne[1].
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Dubaï : Population : 1,1 millions d’habitants (soit moins que Paris) Superficie : 3900 km² Climat sec et chaud |
b- Situation politique et sociale
Selon le COFACE, la situation politique est stable et le pays est sûr. Dubaï est même considérée comme l’une des destinations les plus sûres. La criminalité est pratiquement inexistante et les femmes voyageant seules jouissent d’une grande sécurité.
La population des Émirats a vu beaucoup de changements depuis l’établissement de la Fédération en 1971 et a vu son pays se transformer en une société moderne.
Néanmoins, le pays reste un pays attaché à sa culture et à sa religion (l’Islam). Ainsi, si des sept émirats, Dubaï est le plus libéral, les hommes tiennent à porter leur costume traditionnel. Malgré tout, il n’y a pas de problème à sortir en short et t-shirt ou en bikini sur la plage. L’alcool est toléré et on le trouve facilement à Dubaï dans les bars et pubs, ce qui n’est pas le cas des autres émirats.
c- Le développement par le pétrole et le gaz
Pour comprendre ce qui a amené les Emirats Arabes Unis à se lancer dans le tourisme, il faut faire un rapide retour arrière sur son histoire.
L’Arabie dans son ensemble est une région majoritairement de bédouins et de marins. Pas ou peu de développement industrielle au 20ème siècle, c’est par le pétrole que vient le développement spectaculaire de la péninsule.
Les premières extractions de pétrole et de gaz commencèrent en 1957 dans la région d’Abu Dhabi (capitale des Emirats Arabes Unis). Rapidement, le pays investit dans ses infrastructures routières, portuaires, aéroportuaires, services publiques, etc.…
L’aéroport de Dubaï deviendra même en 1998 le second aéroport au monde pour le nombre de passager en transit (+ de 10 millions). De ce fait, la compagnie aérienne Emirates, avec l’achat de plusieurs Airbus et Boeing, à réussi en dix ans à être l’une des dix compagnies les plus performantes du monde.
Les Emirats possèdent 10% des réserves de pétrole dans le monde. On estime que ses réserves lui assurent 125 ans d’extraction alors que Dubaï possède du pétrole seulement jusqu’en 2010.
Le pétrole n’est donc pas une ressource infinie pour Dubaï et les autorités le savent. Il est donc devenu urgent d’investir dans une activité importatrice de devises.
II- La mise en place du tourisme à Dubaï
Avant même la mise en place d’une politique touristique, les autorités de Dubaï ont estimé à la fin des années 80 que le tourisme pouvait générer davantage de revenus que l’exportation de pétrole.
a- Une augmentation spectaculaire du nombre de touristes en 8 ans
Selon l’OMT, Dubaï recensait plus de deux millions d’arrivées de visiteurs en 1998. Quatre ans plus tard, on recensait plus de 3 millions et en 2005, plus de 6 millions de touristes. En 2010, on attend plus de 10 millions de touristes générant 30 millions de nuitées.
En 1999, la provenance de la clientèle se répartissait comme suit : Moyen-Orient (35,5%), Europe (31,4%) et Asie du Sud (17%). En 2002, Dubaï avait même étonné l'industrie touristique alors que l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) annonçait que cette destination avait obtenu le plus haut taux mondial de croissance des arrivées de visiteurs internationaux, soit une hausse de 31% par rapport à 2001. Malgré une année 2003 difficile en raison de la guerre en Irak et du SRAS, elle a tout de même réussi à augmenter ses visiteurs de 5%.
La notoriété de la destination Dubaï s'accroît d’année en année. Lors d'un sondage du réseau CNN au printemps 2004, Dubaï s'est classée au troisième rang des meilleures destinations mondiales auprès des voyageurs d'affaires derrière Hong Kong et Singapour.
b- Des projets touristiques colossaux
Pour arrivée à de tels résultats, il a fallu que le petit émirat mette en place des infrastructures touristiques qui attirent les touristiques.
Or rien n’était gagné. En effet, il s’agit de rappeler que Dubaï est un bout de désert perdu au milieu d’une région instable et au climat rigoureux sans attrait touristique majeur (à l’exception de la mer).
L’argent du pétrole servira alors à la construction de complexes hôteliers et touristiques à l’architecture innovante et à la dimension incomparable.
L’offre hôtelière a ainsi crû de 20% par an dont 98% sont des hôtels 5 étoiles. Si dans les premières années d’exploitations de ces hôtels, le taux d’occupation était très faible (-20%), aujourd’hui, le taux d’occupation moyen dépasse les 50% et est en constante augmentation.
L’idée est simple : construire des hôtels toujours plus magnifique en premier, puis attirer les touristes. Peu de régions dans le monde peuvent se permettent une telle logique, mais l’investissement initial ne pose pas un réel problème à Dubaï.
Le défi est surtout de pouvoir attirer les touristes.
Voici quelques uns des projets de Dubaï réalisés ou en cours de réalisation [2]:
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Burj Al Arab - chef-d'oeuvre architectural et icône de Dubaï, cet hôtel en forme d'immense voile revendique l'unique classification 7 étoiles et le statut d'hôtel le plus élevé (321 mètres) du monde. Situé sur une île artificielle à 280 mètres du continent et relié à la côte par un étroit chemin, cet hôtel abrite un héliport à l'étage supérieur. On envisage la construction de deux autres hôtels 7 étoiles dans cette région. (réalisé) |
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Palm Islands - îles artificielles en forme de palmier (les plus grandes jamais bâties de main d'homme), ajoutant 120 kilomètres de plage et visibles de l'espace (2000 villas, plus de 40 hôtels luxueux, centres commerciaux, cinémas, etc.). Débutée en 2001, la construction de l'île Palm Jumeriah devrait être complétée à la fin de 2005 (les villas y sont déjà toutes vendues) et l'île Palm Jebel Ali serait opérationnelle à la fin de 2007. Une strophe d'un poème du prince héritier de Dubaï, Mohamed ben Rached Al-Maktoum, connu pour ses initiatives dans le développement de son pays, sera calligraphiée autour des branches de l'énorme palmier de Jebel Ali. Pour former ces lettres, quelque 1060 maisonnettes sur pilotis seront érigées. (en cours de réalisation) |
III- La démarche marketing des autorités de Dubaï
a- Un portefeuille de produits diversifiés
Le métier de Dubaï évolue. D’exportateurs de pétrole, elle est devenue « vendeuse de rêves ». De ce nouveau métier, elle a su développer plusieurs domaines d’activités touristiques (DAS) :
Tourisme d’affaire (DAS 1), tourisme culturel (DAS 2), tourisme balnéaire (DAS 3), tourisme sportif (DAS 4), tourisme « shopping » (DAS 5), tourisme écologique (DAS 6), tourisme de croisière (DAS 7)
Tourisme culturel
Malgré une histoire riche du fait de sa situation géographique stratégique dans le commerce maritime, Dubaï possède peu de musées et de patrimoine culturel visible.
Ici le tourisme culturel est le point faible du tourisme à Dubaï. Cependant, de réels efforts sont faits pour valoriser le patrimoine de Dubaï ainsi que la mise en place de nouveaux musées. En particulier, on parle d’une coopération avec le musée du Louvre pour la création d’un musée d’art moderne.
Tourisme balnéaire
Dubaï est tourné vers la mer. Les plages à l’eau couleur émeraude et à la température pouvant atteindre les 30°C font de cet émirat, une destination touristique balnéaire. Néanmoins, la concurrence de ce type de tourisme est forte. Que ce soit au niveau de la région (y compris Egypte, Israël) où des destinations touristiques européennes (Espagne) ou des Iles.
Tourisme sportif
C’est l’une des actions majeures dans le marketing de la destination de Dubaï. Dubaï a compris avant la majeure partie des pays touristiques que le sport pouvait être exploité touristiquement. Ainsi, Dubaï a installé d’innombrables installations sportives accueillant aujourd’hui de nombreuses équipes sportives venant dans cette région chercher des équipements modernes sous un climat clément.
Dubaï est aussi le lieu d’un certain nombre d’événements sportifs (tennis, golf, ski nautique, tournoi de football) ayant pour but d’attirer cette clientèle.
Tourisme de shopping
Là aussi, Dubaï a su dégager un avantage comparatif par rapport aux autres destinations touristiques. En effet, le shopping est un phénomène qui a pris de l’ampleur dans le tourisme. La réduction des tarifs des compagnies aériennes, la rapidité des transports, ont permis de voir une nouvelle forme de tourisme éclore : le tourisme de shopping.
La situation géographique de Dubaï est un avantage pour Dubaï dans ce domaine. En effet, sa proximité de l’Asie (Inde, Chine en particulier) lui permet d’avoir des produits high-tech à moindre prix. On y trouve également le luxe français, l’or des commerçants arabe et l’artisanat local.
Enfin, la fiscalité de Dubaï (il n’y a pas de TVA) permet à l’émirat d’avoir un avantage certain par rapport à d’autres destinations concurrentes dans le domaine comme Paris ou Londres.
Eco-tourisme
Du fait de la présence de nombreuses espèces d’oiseaux (rapaces et autres), un tourisme écologique est né. Néanmoins, ce type de tourisme est limité en nombre. Il s’agit de noter que Dubaï et plus exactement le pouvoir central à Abu Dhabi sont très attaché à la sauvegarde de l’environnement. Des sommes importantes sont allouées chaque année à la sauvegarde des espèces animales de la région.
Tourisme d’affaire
Le tourisme d’affaire a été le point de départ du développement touristique de Dubaï. En effet, la situation géographique de Dubaï (entre Europe, Asie et Afrique) a permi de faire de cette minuscule région un centre d’affaire international important.
Dubaï s’est donc lancé dans la mise en place de congrès afin d’attirer la clientèle d’affaire. En 2005, on comptait près d’une centaine de congrès annuel. Il s’agit souvent de congrès incentive (motivation) de firmes européennes ou asiatiques.
Tourisme de croisière :
Le tourisme de croisière connaissant ces 10 dernières années une évolution positive, Dubaï s’est naturellement tournée vers ce type de tourisme. Elle a ainsi construit un nouveau terminal pouvant accueillir des bateaux de croisières (2 en même temps, soit une capacité de 8000 nouveaux touristes à chaque passages).
L’un des points importants de l’analyse de ce portefeuille d’activités touristiques de Dubaï est la complémentarité de ces activités.
Tableau d’analyse des activités touristiques de Dubaï :
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Importance de ce type de tourisme |
Possibilité d’évolution |
Problèmes, risques majeurs |
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Tourisme culturel |
+ |
+ |
Peut-on créer une destination touristique culturelle en démarrant presque tout à 0 ? |
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Tourisme balnéaire |
+ + |
+ + |
Concurrence d’autres destinations sur le même credo |
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Tourisme sportif |
+ + |
+ + |
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Tourisme de shopping |
+ + |
+ + + |
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Eco-tourisme |
+ |
+ + |
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Tourisme d’affaire |
+ + + |
+ + + |
Forte concurrence d’autres villes (Hong Kong, Singapour, Paris, Doha) |
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Tourisme de croisière |
+ + |
+ + |
Risques liés à l’instabilité dans la région |
+ + + : très forte ++ : Forte + : moyenne - : faible

Rien ne sert de construire des complexes touristiques fabuleux si on ne met pas en place une stratégie marketing qui permet de vendre la destination touristique. Il est donc faux de croire qu’avec l’argent on peut faire de n’importe quel région du monde une destination touristique attirante. Dubaï a séduit car elle a su se vendre.
Ainsi, la politique de communication de Dubaï est adaptée aux produits touristiques proposés et à la segmentation de clientèle :
Afin de séduire une clientèle familiale et les couples (segments de clientèle majeures dans le tourisme balnéaire et culturel), Dubaï a voulu lancé un message claire : Dubaï est une destination sûre, aux activités diverses, et aux expériences inoubliables.
Ce message permet ainsi d’attirer à la fois les familles (notion de sécurité), les couples (notion de diversités) et les aventuriers (notion d’expériences inoubliables).
Un accord de coopération décentralisée sur la formation aux métiers du tourisme entre les villes de Marseille (Sud de la France) et de Marrakech a été signé jeudi dans la Cité phocéenne.

Aux termes de cet accord, signé par les maires des deux villes, respectivement MM. Jean-Claude Gaudin et Omar El Jazouli, des jeunes originaires de Marrakech viendront se former à Marseille à la stratégie de développement touristique d'une ville ou à la qualité des services et prestations touristiques.
Marrakech est liée à Marseille par un « serment » de jumelage qui témoigne de la volonté des deux villes de maintenir des liens permanents et de favoriser en tous domaines les échanges entre leurs habitants pour développer des liens de fraternité.
Cette cérémonie a été l'occasion pour M. Gaudin de réaffirmer sa détermination à faire de Marseille « un lieu de dialogue et de concertation » entre l'Europe et la Méditerranée.
« Le pacte municipal » qui lie Marseille à Marrakech, ainsi qu'à de nombreuses autres cités des pays du bassin méditerranéen, contribue au rapprochement des peuples issus du même berceau de civilisation, a ajouté le sénateur-maire de la Cité phocéenne.
M. El Jazouli a, pour sa part, salué « une coopération d'abord humaine, amicale et culturelle avant d'être politique ».
Source : MAP.
Le Code du tourisme, mode d’emploi. Qu’apporte la codification aux acteurs du tourisme ?
Colloque organisé par le Ministère délégué au tourisme avec le concours de l’Institut de Recherches et d’Etudes Supérieures du Tourisme (IREST)
(Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne).

Le vendredi 23 février a eu lieu le colloque sur la mise en place d'un code du Tourisme.
Organisé par l'IREST, ce colloque s'est tenu au Grand amphithéâtre de la Sorbonne en présence de F. Goulard, ministre délégué à l'enseignement supérieur et à la recherche.
Journée animée par Pierre AMALOU, journaliste
9 h 15 :
Ouverture du colloque par François GOULARD, ministre délégué à l'Enseignement supérieur et à la Recherche
9 h 30 :
Introduction par Rémy KNAFOU, directeur de l'IREST, professeur de géographie à l'université de Paris 1 - Panthéon Sorbonne
9 h 45 :
Le code du tourisme, permanences et spécificités, par Guy BARREY, inspecteur général et rapporteur spécial auprès de la Commission supérieure de codification
10 h 00 :
Le code du tourisme : un outil au service des professions du tourisme, par Bariza KHIARI, sénatrice de Paris et rapporteur pour le code du tourisme au Sénat
10 h 15 :
Le code du tourisme: un outil au service des élus et responsables territoriaux du tourisme, par Léonce DEPREZ, député du Pas-de-Calais, maire du Touquet - Paris-plage
10 h 30 :
Le code du tourisme et les collectivités territoriales, par Claude DEVES, professeur de droit public à l'université d'Auvergne-Clermont-Ferrand
PRÉSENTATION DES TABLES RONDES : DE LA THÉORIE DE CEUX QUI ÉLABORENT LE DROIT A LA PRATIQUE DES ACTEURS DE TERRAIN
10 h 45 : Table ronde
Organisation générale du tourisme (Livre 1)
Co-présidence :
* Didier BOROTRA, sénateur des Pyrénées-Atlantiques, maire de Biarritz, président de l'ANMSCCT
* Michel CAZAUBON, chef du bureau des politiques territoriales de la direction du Tourisme
* Laurence JEGOUZO, conseillère au cabinet du ministre délégué au Tourisme, maître de conférences à l'université de Paris Paris 1 - Panthéon Sorbonne - IREST
* Jean-Pierre SERRA, président du Comité départemental du tourisme du Var, président de la Fédération nationale des comités départementaux du tourisme
11 h 45 : Table ronde
Activités et professions du tourisme (Livre II)
Co-présidence :
* Thierry SCHIDLER, président du SNET
* Valérie BONED, chargée d'enseignement à l'IREST, directeur juridique au SNAV
* Hélène BEGON, sous-directrice des politiques touristiques de la direction du Tourisme
Georges SELNET, avocat
14 h 30 : Table ronde
Équipements et aménagements (Livre III)
Co-présidence :
* Yvon BONNOT, maire de Perros-Guirec, président de l'ANEL
* Claude MARTINAND, chef du CGPC
* Joël BOURQUE, chef du bureau des affaires juridiques, du contentieux et des affaires communautaires de la direction du Tourisme
* Jean-Michel GENETEAU, responsable (SEM de services) pôle animation et développement des réseaux professionnels
* André DAGUIN, président de l'UMIH
15 h 30 : Table ronde
Financement de l'accès aux vacances et fiscalité du tourisme (Livre IV)
Co-présidence :
* Patrick SAMUEL, directeur général de l'ANCV
* Bernard CASTAGNEDE, professeur à l'université de Paris 1 - Panthéon Sorbonne
* Ronald DAVIES, sous-directeur de l'administration générale et de l'évaluation interne de la direction du Tourisme
* Pierre HERISSON, sénateur de Haute-Savoie
16 h 45 :
Quelles perspectives pour le droit du tourisme? par jean-Luc MICHAUD, chef de l'Inspection générale du Tourisme
17 h 00 :
Clôture du colloque par Frédéric PIERRET, directeur du Tourisme
17 h 30 : Fin des travaux
Voici quelques petits éléments de réflexion sur l’impact écologique du tourisme de masse dans les Cyclades (Grèce), éléments qui demandent évidemment à être débattus et complétés par d’autres contributions.
J’ai parlé à la fin de l’été avec des habitants de l’île d’Antiparos (Grèce), qui m’ont dit que cette toute petite île (35 km2, environ un millier d’habitants) reçoit désormais quelque ... 10.000 touristes chaque été, soit dix fois sa population.
Antiparos est située en face de l’île de Paros, le principal carrefour maritime des Cyclades, qui a vu elle-même son tourisme s’accroître de manière exponentielle depuis 30 ans. Inévitablement, sa petite voisine Antiparos en ressent les effets, et le tourisme y prend aussi son essor, au détriment de sa traditionnelle vocation agricole (vignobles, oliviers, élevage, pêche...).
Les touristes viennent surtout du nord de l’Europe (pays scandinaves, Allemagne, Grande-Bretagne, Irlande, France, Suisse). Beaucoup souhaitent désormais acheter une petite maison à Paros ou Antiparos. Cette demande, émanant d’acheteurs aux moyens financiers supérieurs à ceux de la population locale, fait flamber les prix de l’immobilier. Une habitante m’a dit que tous les terrains près de la côte sont hors de portée des habitants, et qu’il faut désormais chercher à habiter sur les collines arides (coûts de construction et de viabilisation plus élevés). Cette fréquentation estivale pose surtout un grave problème écologique. L’été, "on n’a pas assez d’eau pour tout le monde", disent les habitants. Des coupures d’eau sont nécessaires et certaines îles des Cyclades sont déjà approvisionnées par bateaux citernes. A Paros, le développement du tourisme a déjà obligé à forer en de nombreux endroits pour trouver de nouvelles ressources d’eau douce, et à explorer des solutions alternatives (dessalement d’eau de mer...) sans pour autant résoudre la question sur le fond. A Antiparos, la municipalité a annoncé aussi qu’elle allait devoir "forer un peu partout dans l’île", selon les habitants. Quand finira cette fuite en avant ?
Par ailleurs, les habitants déconseillent de boire l’eau du robinet (potable, mais au goût douceâtre) d’où, dans ce climat chaud, une consommation pléthorique de bouteilles d’eau minérale, dont on retrouve des cadavres en plastique partout dans la nature, sur les plages, au bord des routes (pas de conscience écologique chez les habitants et surtout chez les touristes). Idem pour les canettes de bière et les mégots, qui jonchent les plages. Quant aux sacs plastique des supermarchés, ils sont partout (les sacs papier sont inconnus).
Le volume des déchets à traiter augmente donc spectaculairement l’été, et leur traitement est un enjeu sérieux. Ils ne font pas l’objet d’un tri sélectif.
Enfin, le tourisme augmente aussi fortement la demande de liaisons maritimes l’été (ferries et catamarans marchent au diesel) pour transporter les touristes et l’approvisionnement.
La sur-population estivale entraîne donc une sur-consommation de ressources naturelles (eau, ressources halieutiques), d’énergie (climatisation électrique, frigos équipant toutes les chambres et studios), et de biens de consommation (emballages, produits ménagers ...) sans que les politiques de gestion des ressources et des déchets ne soient à la hauteur. Cette sur-consommation, ainsi que l’accroissement des superficies dévolues au tourisme, s’effectuent au détriment du milieu naturel et de l’agriculture locale.
Seul bon point : la Grèce a largement investi dans l’équipement solaire individuel. Quasiment toutes les maisons dans les îles, et beaucoup sur le continent, ont un chauffe-eau solaire sur le toit : il est vrai que le pays connaît 300 jours d’ensoleillement par an.
La Grèce aurait dû s’attacher à préserver activement les îles des Cyclades, un milieu d’une grande beauté, dès le début du tourisme : leur environnement exceptionnel aurait permis d’en faire de petits paradis écologiques (en systématisant l’énergie solaire et éolienne, faciles à installer, en rendant les vélos obligatoires, en limitant le nombre de touristes...), voire des micro-économies exemplaires de développement durable (équilibre économique entre agriculture, pêche et tourisme limité, gestion des ressources, recyclage...).
Au lieu de cela, ces îles sont désormais envahies d’hôtels, de studios à louer (et l’hôtellerie est un secteur particulièrement gourmand en eau), de cafés-restaurants, de voitures et de scooters (bruit, pollution). Certaines îles (Mykonos, Paros, Santorin...) sont presque entièrement dépendantes de cette mono-industrie : équipements bondés l’été, emplois relevant majoritairement du tourisme, prix élevés...
En Grèce, les revenus du tourisme pèsent lourd, tandis que la prise de conscience des décideurs et des citoyens semble faible (on ne voit pas de campagne publique sur les économies d’eau, sur la propreté des plages, la gestion des déchets...). La politique du "tout tourisme" a même été relancée par la récente tenue des Jeux olympiques, car il faut amortir les équipements construits alors (nouvel aéroport, nouvelles routes, hôtels rénovés...). La sur-population des îles grecques l’été, si elle satisfait touristes et commerçants, aura à terme des conséquences désastreuses, si on ne réfléchit pas tout de suite à une politique plus respectueuse de ce milieu écologique fragile.
article de Bénedicte Manier pour "tourisme-durable.net"
Bienvenue sur le blog d'information du tourisme lancé fin 2006 par les étudiants de l'IREST (Institut de Recherche et d'Etudes Supérieures du Tourisme) de l'Université Paris Panthéon-Sorbonne.
Ce site a pour vocation de faire participer les étudiants en tourisme, les professionnels et les professeurs sur les grandes problématiques du tourisme : développement durable, NTIC, tourisme culturel, hotellerie, etc...
Ce blog sert donc de stimulus intellectuel dans la formation continue dans le domaine du tourisme. Vos idées, vos réactions, vos raisonnements sont donc les bienvenues dans ce blog !
Bonne analyse !

55 % des internautes réservent leur voyage en ligne
Plus d'un internaute sur deux réserve ses voyages en ligne et 61 % d'entre eux s'appuient sur les moteurs de recherche pour se renseigner selon Ad'oc. (31/01/2006)
L'intérêt des français connectés pour l'e-tourisme n'a pas faibli en 2005. 88 % des internautes interrogés par l'agence Ad'oc affirment utiliser Internet pour recueillir des informations ou réaliser des réservations en ligne. Mais seuls 55 % d'entre eux ont franchit le pas de la réservation en ligne de tout ou partie de leur séjour. Des chiffres qui corroborent les résultats du baromètre TNS Sofres réalisé en octobre dernier, selon lequel 56 % des cyberberacheteurs déclaraient avoir acheté des produits ou services d'e-tourisme en 2005, contre 52 % en 2004.
L'enquête en ligne réalisée par Ad'oc entre le 15 septembre et le 3 octobre 2005, apporte toutefois quelques renseignements complémentaires sur le comportement des internautes à l'égard du voyages en ligne. 33 % des 4.498 internautes interrogés déclarent se cantonner à la seule recherche de renseignements en ligne et privilégier l'achat sur un autre canal de distribution. 28 % en revanche affirment avoir réservé une partie de leur séjour sur Internet (à savoir l'hôtel ou le transport) et 27 % l'intégralité de leurs vacances en ligne. Seuls 12 % des internautes n'utilisent pas Internet pour la réservation de leurs vacances.
Dans le cadre de ces réservations effectuées en ligne en 2005, les titres de transport (avion, train, bus…) arrivent en tête du classement des produits touristiques les plus achetés. Ils représentent 40 % des services réservés, devant les nuitées d'hôtel (30 %) et les réservations de villas, de locations de vacances, d'emplacements de camping (16 %). La location de voitures ne pèse pour sa part que 8 % des transactions et la réservation d'activités sur place, comme les tickets d'entrée aux musées, les billets de spectacles, ou les visites, 6 %.
Pour leurs réservations en ligne, les cyberacheteurs interrogés plébiscitent à 53 % les sites Web des agents de voyage ou des Tour opérateurs. Toutefois, les réservations en direct sur les sites des producteurs, telles que les compagnies aériennes, ou les hôteliers, talonnent ces sites avec 32 % des répondants. Par ailleurs, les sites des offices du tourisme et autres sites institutionnels ont recueilli 8 % des réservations.
61 % des internautes utilisent les moteurs de recherche
S'inscrivant en faux par rapports aux idées reçues, l'étude Ad'oc confirme qu'en 2005 le canal Internet n'est plus seulement l'apanage des réservations de dernière minute. En effet, 60 % des internautes déclarent rechercher et réserver leurs vacances plusieurs mois à l'avance, contre 22 % qui le font un mois à l'avance et 18 % de trois semaines à une semaine avant le départ. De la même manière, 61 % comparent les offres touristiques en ligne sur différents sites et prennent plusieurs jours pour acheter leur prestation de voyage. Enfin, 13 % réalisent leur réservation plusieurs semaines après avoir recueilli leurs renseignements.
Les moteurs de recherche restent d'ailleurs l'outil principal sur lequel s'appuient les internautes qui souhaitent réserver en ligne. Pour accéder aux sites de réservation de voyages, 61 % des personnes interrogées passent par des outils de recherche, tandis que 19 autres pourcents tapent l'url du site Internet dans la barre de navigation, et 7 % passent par leurs favoris ou les newsletters.
Les recherches de produits touristiques en ligne deviennent également plus ciblées. Si 32 % des recherches effectuées portent sur la destination et 28 % sur le produit (séjour, voiture, hôtel…), pour 27 % des internautes interrogés, les recherches sont une combinaison des deux. Selon un relevé de mots-clés les plus tapés sur le réseau Overture entre juillet et octobre 2005, réalisé par Ad'oc, il apparaît que les requêtes généralistes sont davantage associées que les autres mots à des expressions renseignant le type d'hébergement, la localisation géographique, ou la thématique recherché. Ce qui témoigne d'une plus grande maturité des internautes.
Quelques exemples : le mot-clé "billet d'avion" qui a recueilli 1,428 millions de requêtes en octobre sur le réseau Overture, se trouve très largement associé aux notions de "pas cher" (39.134 requêtes), de "dégriffé" (3.219 requêtes) et de discount (2.287 requêtes). Sur une recherche très précise de séjour en moto neige en Laponie, les internautes vont jusqu'à associer trois ou quatre mots-clés, comme "moto neige Laponie" (172 requêtes) ou "randonnées Laponie moto neige" (122 requêtes).
| Le site Accorhotels.com comprend désormais un espace pro dédié à la recherche de salles de réunions. Les entreprises et professionnels de l’organisation de réunions peuvent désormais rechercher des salles de réunions au sein des hôtels Accor, en surfant sur le site internet du groupe. Ils n’ont plus besoin de contacter chaque hôtel directement. Le site Accorhotels.com propose en effet un espace de réservation permettant d’entrer des critères comme la localisation, la date d’arrivée, la durée du séjour, le type de réunion, la catégorie d'hébergement souhaitée. Le moteur de recherche fait alors plusieurs propositions. L’internaute peut choisir trois hôtels et transmettre automatiquement sa demande de devis aux établissements concernés, qui s’engagent à répondre sous 24 heures. |
article tiré de l'Echo Touristique du 27/06/2006: http://www.lechotouristique.com
| Hilton regroupe toutes ses activités |
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Il devient le plus grand groupe hôtelier et le plus diversifié géographiquement
L’histoire du groupe Hilton, dont la dernière héritière, Paris, est une célébrité du monde des «people», a commencé en 1919 avec l’acquisition par Conrad Hilton de son premier hôtel, le Mobley, à Cisco au Texas. Le premier Hilton proprement dit ouvre ses portes en 1925, à Dallas. Tandis que HHC va désormais avoir une diversification régionale digne de ses grands rivaux de l’hôtellerie de luxe, Starwood (Sheraton, Méridien...) et Marriott, Hilton Group-Ladbrokes a reconnu la semaine dernière avoir reçu «des manifestations d’intérêt» pour son activité de jeux et paris, provenant selon le Financial Times, des fonds BC Partners, Blackstone et CVC Capital. L’intérêt des investisseurs pour ce secteur s’est récemment intensifié en Grande-Bretagne.
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article tiré de l'Economiste du 27/07/2006: http://www.leconomiste.com
Les hôtels d’Europe de l’Est se portent bien
L'Europe de l'Est a enregistré 500 millions d’euros de transactions hôtelières l’an dernier, contre 285 millions en 2004, selon une étude d’un cabinet spécialisé.
Le marché hôtelier d’Europe de l’Est est en pleine forme et la forte augmentation de la demande est appelée à perdurer, selon l’étude du cabinet Jones Lang Lasalle Hotels, publiée le 27 juin. L’afflux massif de visiteurs étrangers, la croissance des compagnies low cost et l’élargissement de l’Union européenne font de l’Europe de l’Est une région incontournable pour les investisseurs, poursuit le cabinet.
L’an dernier, le montant des transactions hôtelières s’est élevé à 500 millions d’euros, contre 285 millions en 2004. A Moscou par exemple, le prix moyen de la chambre a augmenté d’un tiers en un an, à 187,5€ par nuitée. Et les autres principales villes d’Europe de l’Est (Prague, Varsovie ou Budapest) affichent également des prix moyens élevés. L’offre hôtelière se développe fortement et les taux d’occupation grimpent. Ainsi Prague se classe troisième en Europe, avec 75,3% de taux d’occupation, derrière Amsterdam (78,5%) et Edimbourg (76,4%).
Selon cette étude de Jones Lang Lasalle Hotels, d’autres marchés secondaires en Pologne (Gdansk, Cracovie, Poznan) devraient suivre le même chemin touristique.
article tiré du site de l'echo touristique du 27/06/2006: http://www.lechotouristique.com
L’Institut de Recherche et d’Etudes Supérieures du Tourisme crée un Diplôme d’Enseignement Supérieur (DESUP) de niveau Bac +5 (3ème cycle), intitulé « Tourisme International - Qualité France », délivré par l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Cette formation de haut niveau a été ouvert le 28 août 2006.
Elle est destinée aux diplômés de l’enseignement supérieur ayant acquis une expérience professionnelle significative et aux professionnels d’encadrement confirmés, dans le domaine du tourisme. Ce DESUP est spécialement conçu pour un public étranger.
S’inscrivant dans le cadre prestigieux de la Sorbonne, il bénéficie d’un environnement scientifique et pédagogique réputé ainsi que d’un encadrement professionnel de haut niveau.
La formation, d’une durée totale de 17 semaines, comprend des enseignements communs sur le tourisme et offre le choix entre deux spécialisations :
Les enseignements, en français et en anglais, sont effectués par des universitaires et des professionnels confirmés du tourisme. La formation comporte deux voyages d’études et un stage de perfectionnement auprès d’une administration ou d’une entreprise touristique.
Elle conduit à la délivrance du Diplôme d’Etudes Supérieures de troisième cycle de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Nous les étudiants en Valorisation Touristiques des Sites Culturels, nous sommes plongés dans les musées. Et plutôt que d’étudier les publics avec des bêtes statistiques et des colonnes de chiffres, on nous a dit : Prenez un papier, un crayon et un magnétophone, et allez discuter avec les visiteurs.
Concrètement, un entretien, c’est une technique de sociologie appliquée ici à l’étude d’un problème précis dans un musée ou un monument. Moi par exemple, j’ai choisi de retourner dans ma cambrousse natale, où une magnifique abbaye couverte de peintures murales vieilles de presque mille ans trône au milieu de la verte platitude poitevine. En plus des peintures, il y a un magnifique équipement audio-visuel, et c’est ce qui a retenu mon attention.
Vidéos, CD-Rom, musique, jeux, tout y passe. Et les visiteurs sont surpris de trouver une installation aussi moderne au milieu d’un village rural et des vieilles pierres. Mais s’en servent-ils au moins ? Parce que ça coûte cher à entretenir, en plus !
Voilà quelques résultats pour les bornes interactives. Comme ça, quand vous serez manager de site culturel, vous saurez si ça vaut la peine de développer un CD-Rom, d’installer des ordinateurs et de payer la maintenance.
Il y a cinq types d’attitudes psychologiques :
Les ravis : c’est moderne, ça leur plaît, et même s’ils n’ont pas le temps de se servir des équipements. Ils sont contents de savoir que, s’ils en avaient eu envie, ils auraient eu encore plus d’informations !
Les grincheux : les documents mis à disposition en plus de la visite guidée ou des plaquettes ne devraient pas receler plus d’informations que leur cerveau ne peut en absorber. Trop c’est trop !
Les dinosaures : ils ne savent pas se servir d’un ordinateur. Ils reconnaissent que le contenu du CD-Rom est sans doute très intéressant, mais comme ils ne peuvent pas s’en servir…
Les distraits : ils pensent que le programme se résume à la page d’introduction avec défilement d’images. C’est joli, mais c’est lent, et ils se lèvent avant de réaliser qu’il y a autre chose à voir. Quand ils sortent, ils vous expliquent que c’est gentil d’avoir pensé aux personnes âgées en installent des bancs, mais à quoi bon mettre ces petits écrans sur chacun ? Nota bene : le distrait peut tout à fait être un utilisateur familier de l’informatique.
Les gadgétomanes : ils ont au minimum 18 mois et les NTIC n’ont aucun secret pour eux. En fait, ça les rassure d’avoir un ordinateur dans un monument historique, comme s’ils étaient perdus sans ça. Nota bene 1 : le gadgétomane peut avoir par ailleurs une grande culture et être passionné par l’histoire et les monuments, et même être un grand intellectuel distrait. D’où peut-être le besoin de réduire le monument au format d’une page Web. Nota bene 2 : le gadgétomane peut être un hacker prodige de douze ans qui piratera le CD-Rom et mettra ses photos de vacances à la place.
Et pour finir, un cas à part : l’étudiant en historien d’art de passage qui a décidé d’éplucher le CD-Rom jusqu’à la dernière page et d’en faire une critique constructive. Je n’avais que moi sous la main, et je ne peux pas m’interviewer moi-même !
isabelle
Penser Maroc, revient à imaginer les casbah de Marrakech et les crieurs des souks. Penser l'Afrique Noire nous amène à voir les tribus zoulous danser à moitié nu au rythme des Tamtams.
Y'a bon le tourisme dit "culturel" de certains tour-opérateurs qui affirment nous amener dans l'authenticité, le "vrai" à travers des destinations lointaines... Or, "lointaine" ne signifie pas hors du temps. Retour sur un sujet important du tourisme culturel.
A l'image de la vision stéréotypée du 19ème siècle des voyageurs occidentaux, trop souvent les tour-opérateurs proposent des séjours dans des pays folkloriques où les acteurs (les touristes) assistent à des spectacles "typiques".
Il n'y a pas si longtemps, je logeai dans un hôtel dans le centre de Marrakech. Au cours d'un repas, des danseuses orientales étaient invitées à jouer de leur charme au milieu de touristes émerveillés. Imaginez le cadre magnifique d'un bel hôtel aux murs de pierre taillés à la main, à la fontaine centrale et à la musique des guitares et des violons orientaux... Vous y êtes ? Voici que viennent deux danseuses, nombril à l'air, décolleté plongeant. Pas de doute, nous y sommes ! Nous sommes dans l'authentique, au coeur de l'orient, celui des milles et une nuit... Pourtant...
Je me posai alors une question simple : Qu'est-ce qui est de l' authentique et qu'est ce qui est de l'imaginaire dans ces spectacles ? Cette question m'amène à réexaminer une peinture de Matisse représentant un nu d'une femme orientale, le tableaux illustre alors davantage l'imaginaire de l'homme occidental au contact de l'orient qu'à la réalité culturel du moment. D'ailleurs, étant moi-même d'origine marocaine et amateur de l'histoire de ce pays, je doutais rapidement de l'authenticité de ce spectacle de danseuses orientales. En effet, on ne retrouve que peu de traces de ces danseuses dans ce pays de bergers.
Pire, l'envers de ce décor oriental dessiné par l'imaginaire des tours-opérateurs européens est souvent triste. En coulisse, les malheureuses danseuses orientales sont poussées à s'enivrer par l'alcool afin de se "lâcher" plus facilement au milieu des touristes. Définitivement, nous sommes loin des danseuses des grands palais persans du XIIème siècle.
Dans la salle, peu importe, le touriste en aura pour son argent. Le lendemain, il ira prendre quelques photos de charmeurs de serpent sur la place Jamaa El Fna, puis repartira les bras chargés de plats en terre cuite, fier d'avoir découvert le vrai Marrakech avec ses autochtones authentiques...